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Pauline et Roger
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Trois nuits
Par personne.
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Histoire de pêche
Une vrai histoire de pêche

Nous sommes le 21 juin 2000, vers 20 h, dans la baie Est du Réservoir Gouin, près du camp de la Pointe aux Dorés. Je suis avec Paul (j'ai oublié son dernier nom). Celui-ci n'a encore jamais pêché le doré avant, juste de la truite de lac.

Il pleut, pas beaucoup mais assez pour endosser nos imperméables. Jean Bureau et Henri Shroc sont dans l'autre chaloupe et pêchent avec nous. On vient de finir notre troisième bière de la soirée et nous pêchons dans deux pieds d'eau, près d'une petite île au milieu de la baie, parce que le doré semble se nourrir de menés autour des rochers.

Des leurres à tête noire, recouverts de larves blanches et de morceaux de vers semblent être la combinaison gagnante à cet endroit.

On a pris à peu près trois douzaines de dorés, une bonne soirée, mais nous avons froid et sommes trempés, et Paul n'a plus d'alumettes pour ses cigarettes. Je me fichais pas mal des cigarettes, mais ma vessie avait son plein de bière et je voulais retourner au camp parce que j'étais trempé, j'avais froid et les dorés ne mordaient plus depuis dix minutes.

Nous discutions du retour au camp pour y prendre un petit coup de vodka lorsque Paul fit une prise et commença à ramener un petit poisson. Nous étions dans trois pieds d'eau et ce ne fut pas long de sortir ce petit brochet de 18 pouces.

Paul s'amusa à le laisser nager autour de la chaloupe, alors que nous arrivions sur la berge. De quoi maudire cette abondance de «serpents» (brochets) dans ces eaux froides du nord.

Tout à coup, la canne à pêche de Paul tire fortement vers le fond. Je regarde au fond de l'eau et je vois la tête de ce très gros brochet qui tenait le petit de travers dans sa bouche. Paul pêche avec une ligne de six livres, alors je lui dis de donner de la ligne et de laisser le poisson nager. La chaloupe commence à dériver vers des eaux plus profondes, poussée par le vent mais aussi tirée par ce gros brochet qui mord toujours dans le plus petit.

Après une dizaine de minutes et plusieurs escapades, Paul ramène son poisson le long de la chaloupe. J'essaie de l'attrapper avec mon filet, mais il m'échappe (le filet n'est pas assez grand) et se sauve encore, toujours avec l'autre poisson dans la bouche. Paul le ramène à quelques reprises, mais chaque fois pour le voir s'éloigner de nouveau. En fin de compte, Paul réussit à ramener le poisson sur le côté de la chaloupe et me demande de prendre son crochet à manche.

Je prends le crochet par le manche mais j'oublie d'enrouler la boucle autour de mon poignet. J'essaie d'accrocher le poisson sous le menton, dans les branchies, mais avec le froid et l'humidité, et l'arthrite dans mes mains et mes poignets, le crochet me glisse entre les mains et prend le chemin des eaux sombres du Gouin.

Le gros brochet s'éloigne encore de la chaloupe, toujours avec le plus petit entre les mâchoires. Paul lui donne de la ligne puis le ramène. Tout à coup, nous apercevons le petit brochet qui flotte le ventre en l'air. Pourtant, Paul a toujours un poisson au bout de sa ligne!!!

Bizarre, que je pense, mais je me sens abattu. Deux fois ce monstre nous a échappé et j'ai perdu le crochet. Pendant qu'il rembobine, Paul a l'impression d'avoir perdu le poisson. Mais le voilà encore, le même gros brochet, avec le leurre légèrement accroché sur le côté de la gueule!!!

Le poisson est épuisé et Paul le ramène lentement près de la chaloupe. Je glisse le filet sous le poisson une deuxième fois. Je le soulève par le milieu avec précaution, parce qu'il est trop gros pour entrer dans le filet. Lentement, je l'amène à bord. Tout le monde est excité et crie de joie alors que je prends la caméra pour la photo. Jean et Henri sont dans l'autre chaloupe encore tout secoués par ce spectacle qui vient de s'offrir à eux...

Le poisson mesure 43 pouces et pèse 19.5 livres... Paul l'a gardé, même si je l'ai supplié de le remettre à l'eau... Un gros succès au camp, tout le monde s'amenant pour le voir et le photographier, y compris le cuisinier du camp... Nous nous attendons à ce que la photo de ce poisson se retrouve dans la brochure 2001 de La Pointe aux Dorés... mais je regrette de ne pas avoir davantage insisté pour que Paul le ralâche... à la prochaine.

Bill Skinner
Ottawa, Ontario
Courriel : the.skinners@sympatico.ca
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Pauline et Roger
2, rue Gagnon
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J9E 3A9
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